Compte-rendu - Christ Church Spitalfield Londen 2010 Helen Neve
A Filetta
'Depuis le sol Corse'
Spitalfields Music Winter Festival
Mardi 14 décembre 2010
Si vous vivez en Angleterre et que vous aimez la musique Corse, des concerts proches de chez soi sont rares, alors un concert d´A Filetta à Londres, à l´église Christ Church Spitalfields, promettait d´être un véritable cadeau de Noël.
Descendre la rue vers l´église fut un merveilleux début de soirée. L´église du XVIIIème siècle était illuminée et la flèche nous dominait dans le ciel nocturne. Christ Church Spitalfields fut dessinée par l´architecte Britannique Nicholas Hawksmoor (un contemporain de Sir Christopher Wren), dans l´idée d´offrir suffisamment d´églises aux « Godless thousands » (milliers de dissidents) qui vivaient juste aux abords de la ville de Londres. La plus grande partie de ces « milliers » était composée de tisserands Huguenots Français, qui venaient d´être expulsés de France. Quel lieu intéressant pour un groupe venu de Corse!
A l´intérieur, nous prenons place dans l´immense nef, écoutant les bribes de conversation de nos voisins dans le public - la plupart en Anglais mais quelques unes en Français également. Notre petit groupe, deux d´entre nous fans d´A Filetta et la troisième était venue par curiosité et j´étais curieuse de voir ce qu´elle en penserait. Ce sera A Filetta sans fioritures - pure a capella musique du fin fond de la Méditerranée.
Le concert était basé sur le programme de Bracana d´A Filetta et a commencé avec O Salutaris Hostia. Je fus surprise - pas déçue - mais surprise lorsque, malgré le superbe chant attendu, les premières notes n´ont pas eues, sur moi, l´impact émotionnel et physique habituel, cet impact que j´attend désormais de la musique Corse. Je dois être fatiguée, pensais-je et me réinstallais pour apprécier le concert quoi qu´il en fut. Je ferme les yeux et laisse la musique me transporter. Ensuite A Paghjella et l´Agnus Dei et j´entr’aperçue la Corse. Le public était conquis et applaudit avec enthousiasme. Le Benedictus commença et je réalisais soudainement que mon cœur et que mon estomac, comme d´habitude, étaient retournés, et je laissais alors Londres loin derrière moi. A Filetta venait de produire un miracle Corse, bâti sur le suspense, nous rapprochant les uns des autres et surmontant le problème - surprenant l´acoustique difficile. Quel triomphe!
Après ça mes yeux étaient grand ouverts! Nous étions capturés par le complexe tissage des notes et des syllabes, le subtil entrejeu sonore et visuel. Les saveurs de Meditate et le Figliolu d'ella de Jean-Claude Acquaviva; la fascination des ces voix familières passant à un autre pays et à une autre culture pour chanter Makharia, la prière Géorgienne.
Nous les avons appréciés et bien sur ils nous ont offert un rappel. Notre amie fut captivée et enthousiaste. Plus tard nous avons eu la chance de pouvoir échanger quelques mots avec les chanteurs et nous ne fumes pas surpris d´entendre Jean-Claude Acquaviva nous dire à quel point la sècheresse de l´acoustique avait nécessité toute l´expérience d´A Filetta. Et ils ont très certainement réussi. Bravo!
©Helen Neve, decembre 2010
